Dans ma tête...il y a...

5 avr. 2012

De l’intimidation en Amérique.


Il y a 6 mois, le Québec au complet fut bouleversé par le suicide d’une jeune fille de 15 ans, suite à des intimidations répétées auxquelles elle dut faire face à l’école secondaire. 6 mois plus tard sort sur les écrans québécois un film Bully (intimidation) traitant de ce problème majeur dans des écoles aux États-Unis. Entre les deux événements, une grève étudiante sans précédent agite le Québec.

Il est tout à fait regrettable que les discussions tournant autour de cet épineux débat soit le plus souvent centrées de façon très réductrice sur le rôle déficient des parents, ainsi que sur l’impact des jeux vidéos violents, plutôt que d’amener le débat sur le rôle des structures sociales et surtout sur la valorisation à peine déguisée de comportements basés sur l’intimidation pour réussir dans ce modèle néo-libéraliste déifiant la réussite individuelle (et donc par le fait même l’échec des plus faibles et le rejet des différences) et, et ce, jusque dans les plus hautes sphères de l’état.

Lorsque nous observons le comportement paternaliste des membres de ce gouvernement envers le mouvement étudiant, gouvernement de moins en moins soutenu par l’opinion publique, submergé par les affaires de corruption; lorsque nous écoutons leurs discours méprisants, aux menaces à peine voilées, sur la possible perte des sessions, leur refus de la négociation, leurs campagnes de peur, de salissage, de désinformation; lorsque nous constatons les tentatives judiciaires de rendre un mouvement de grève illégale, tentatives n’ayant plus grand-chose à envier à la chine communiste; lorsque nous sommes témoins des comportements violents, provocants et discriminatoires des forces de police dans ce conflit, nous laissant l’impression angoissante que le printemps québécois pourrait finir en printemps de Prague; lorsque nous entendons parler du comportement humiliant de l’université vis-à-vis de ses professeurs, passant allégrement au dessus de leurs syndicats pour diffuser des informations mensongères sur les possibles dates de reprises de session, bref lorsque nous voyons tout cela, devons-nous vraiment être surpris du comportement de nos enfants à l’école du fait de l’apprentissage par imitation qui est selon le psychologue Bandura, l’apprentissage le plus efficace et populaire?

Sommes nous assez naïf pour croire que les multiples tensions, rivalités, humiliations et valorisations des rapports de force et de dominations tels qu’ils sont véhiculés par les médias, les émissions de téléréalités, les pouvoirs politiques et financiers et qui sont vécus chaque jour dans les milieux de travail et les milieux de vie n’aient aucune conséquence sur les comportements de nos enfants?

Sommes-nous rendus aussi stupides que cela?

Devons-nous vraiment accuser les parents et les jeux vidéo?

Vraiment?

Par ailleurs, il serait même légitime de se demander si ce ne serait pas toujours les mêmes humiliations, subies par les mêmes personnes et données par le même type de personne que nous voyons se reproduire?

La société est-elle basée uniquement sur la réussite individuelle et sur un darwinisme social valorisant les comportements des plus forts et des plus adaptés à l’unidimensionnalité galopante des normes sociales?

Sont-ce ces mêmes enfants différents, timides, angoissés, sensibles et donc critiques et destinés à une vie dans laquelle ils s’interrogent et interrogent les rapports normatifs, les catégories idéologiques imposées par la société; sont-ce donc ces mêmes enfants, brutalisés par des futurs chef d’entreprises, patron et homme politiques, déjà guidés par leur soif de pouvoir, de domination et apprenant dès leur plus jeune âge le sadisme nécessaire à ces postes de pouvoir; sont-ce donc ces mêmes enfants aux carrés rouges qui se retrouvent maintenant dans les rues à subir les railleries des mêmes brutes qui les humilièrent dans leur jeunesse?
S’il faut se questionner sur l’intimidation, il me semble nécessaire et urgent de se questionner surtout sur les mécanismes sociaux qui font naitre ces intimidations ainsi que sur le comportement agressif et méprisant des hommes politiques à l’égard des paroles discordantes, à l’égard de mouvements de résistance et de protestations qui sont le terreau d’une démocratie en santé et florissante.

Si nous voulons lutter efficacement contre l'intimidation, il faudrait se questionner sur les discours basés sur la peur, sur la précarité sociale imposée par des oligarchies financières pour tenir les peuples en laisse, sous la menace du pire.

Et l'on ose ensuite accuser ces mouvements populaires de faire preuve d'intimidation, au moindre débordement, au moindre geste d'humeur, d'agacement et d'impatience, alors que ces mouvements tentent par les seuls moyens qui leur restent à leur disposition de rétablir un rapport de force plus équitable!

Et même si la violence n'est pas souhaitable, comment en vouloir à une personne, un peuple, subissant l'intimidation constante d'une idéologie mortifère d'un jour se lever et se défendre!

Nous disons Non à l'intimidation.
Nous disons Non à un modèle social basé uniquement sur la réussite individuelle et les rapports de domination.

3 avr. 2012

Les structures dissipatives: message aux étudiants


Dans les années 70, un chimiste du nom de Prigogine, ainsi que la philosophe Isabelle Stengers, bouleversèrent les lois de la thermodynamique et toute la pensée moderne en se penchant sur un phénomène nommé structures dissipatives. En effet, avant eux les lois de la thermodynamique impliquaient qu'un système perdait constamment de l'énergie et tendait vers un équilibre mortel, si celui-ci n'était pas nourri par une source externe.

           

Cette façon de concevoir la construction et la survie d’un système a nourri la pensée rationaliste de la première partie du vingtième siècle permettant et justifiant ainsi la création de normes coercitives, paternalistes dans les système sociaux puisque il était légitime de penser que sans un ordre conçu de l’extérieur, par une autorité surplombante (église, famille, état), le système en question était voué à une mort certaine. Cependant avec les structures dissipatives, Prigogine découvrit qu'un système pouvait devenir chaotique à partir d’une fluctuation microscopique et s'auto-organiser en se nourrissant de ce désordre même, duquel pouvait émerger de nouvelles propriétés. Cette découverte immense, qui lui permit d'obtenir le prix Nobel de chimie, influença nombre de travaux, que ce soit en sciences dures comme en science humaine.



Mes ami(e)s, nous sommes cette structure dissipative, cette marge d’où provient la nouveauté, comme le disait Bachelard, ce moment autopoïétique d’où peut provenir un changement majeur qui, pour le moment, est dans la marge, mais qui produit de la nouveauté et finira par se diffuser au système et le transformer. Nous sommes des étudiants qui montrons chaque jour que nous avons des idées nouvelles, applicables et créant, malgré ce qu’on en dit, une certaine richesse, mais surtout la seule richesse qui importe, le bien-être collectif dans le vivre ensemble.



Mes chers ami(e)s, nous atteignons ce que l’on appelle le point de bascule, le moment fondamental ou le désordre fluctue et où le système, alors, a deux destins, la stagnation ou la métamorphose.


Le gouvernement et l'université le savent et c'est pour cela que la pression judiciaire, médiatique, administrative se fait plus forte. Ils savent que le temps avance et joue en notre faveur. Les messages de l'université sont des mensonges éhontés, ne craignez pas pour vos cours ni pour votre session, ni les profs, ni les chargés de cours n’accepteront une annulation ou une trop longue prolongation, je vous l'assure. Ce n’est que de l’intimidation car nous sommes proches de la victoire.



Le but de ce durcissement des appareils idéologiques d'état, de ces tentatives d'intimidation constante, la présence visible, agressive de la police (la visibilité est un piège disait Foucault), les avis d'éviction rapide, les courriels menaçants, est de nous garder dans un état permanent de stress, de fatiguer notre corps et notre motivation et créer une ainsi une forme de résignation acquise, phénomène bien connu des psychologues et qui servit à comprendre les syndromes de stress post traumatiques. La resignation acquise désigne « La passivité inappropriée et la réduction des efforts déployés pour échapper à une situation difficile; ces deux éléments sont liés à l’absence d’espoir découlant des expériences répétées d’évènements incontrôlables » (Seligman)



Les appareils idéologiques d'état sont conçus spécifiquement pour créer de la résignation acquise, par la violence symbolique, la réification du discours paternaliste et fermé, par les forces répressives policières essayant de décourager toute tentative, même minime de résistance. Il suffit de penser aux deux jeunes filles condamnées à de lourdes sanctions pour avoir peinturé en rouge une voiture de police où les amendes salées des bloqueurs de ponts.

Soyons plus fort que ça. Oui, nous vivons un moment difficile, il ne faut pas se le cacher, ce moment de tremblement avant le changement de paradigme est difficile à vivre et génère de l'angoisse, du doute, des baisses de motivation et de la fatigue. Personne n’est à l’abri et nous sommes en plein dedans. C’est l’effet recherché par le gouvernement qui veut épuiser ce mouvement. Mais m'oubliez pas, mes courageux ami(e)s, pourquoi nous sommes rentrés en grève en premier lieu, les raisons sont toujours les mêmes et elles sont toujours bonnes, souvenez-vous que nous étions 200 000 dans les rues il y a 10 jours à peine et soyez sur que d'autres grandes manifestations se préparent.

Nous sommes tous fatigués, mes ami(e)s, mais nous devons tenir encore un peu et la victoire sera notre. Prenez le temps de vous reposer, d’accepter de vivre cette inquiétude, venez à l’université sur la place laurentienne où nous nous regroupons, serrons-nous les coudes et aidons nous à supporter cette terrible pression que nous portons, cette pression de participer à la direction que le Québec prendra.

 Soyons courageux car ce que l'on fait demande un courage immense, de prendre les moyens de créer un désordre transformant un système coercitif et étouffant.

Nous pouvons le faire, nous allons le faire et nous sommes déjà en train de le faire. Regroupez-vous avec les gens que vous aimez et soutenez-vous les uns les autres car oui nous sommes fatigués mais eux paniquent et nous tiendrons jusqu'à ce que ce système se transforme et s'organise dans un nouvel ordre plus harmonieux que nous aurons contribué à créer.

Parce que nous sommes des structures dissipatives.
Parce que nous sommes le changement

30 mars 2012

N.O.U.S




N.O.U.S est un collectif d’universitaires du Québec qui se propose, dans le contexte actuel de la grève étudiante, de mener une réflexion approfondie, critique et autonome sur le problème crucial de l’éducation. Au-delà de la question des frais de scolarité et de la gratuité scolaire, nous cherchons à comprendre de quelle éducation au juste parle-t-on.
Notre collectif cherche d’abord et avant tout à expliciter les cosmologies et les rapports de pouvoir sous-jacents aux débats actuels, à réactualiser la question de l’optimisation de l’apprentissage et celle du rôle des institutions académiques.

La spécificité du collectif se trouve dans sa démarche. Animé par un nouvel humanisme, c’est sur le terreau des principes de la « Slow science », qui invite à prendre le temps de se retirer, de lire, de réfléchir, de se tromper, que nous lançons notre réflexion interdisciplinaire.

En fondant notre organisation sur la curiosité, la recherche lente, la conscience réflexive et la créativité, indispensables à la découverte et au renouvellement de la pensée, nous renonçons à la course au prestige, produit de la compétitivité exacerbée qui domine actuellement l’espace social. Refuser cette course, c’est transformer son rapport au travail pour construire différemment tout en maintenant vivant le désir de la qualité et du soin de la recherche. C’est en incarnant cette remise en question radicale dans notre pratique que nous souhaitons donner de la vraisemblance à un modèle inféodant les nécessités ou contraintes socio-économiques à la rythmique et à la sensibilité humaine. Cette réappropriation du temps devient pour nous un véritable acte de résistance sociale.


En situant l’être humain au coeur du problème actuel de l’éducation, dans toute sa complexité, nous espérons contribuer à modifier les perspectives et, dès lors, favoriser l’émergence d’un ordre social bienveillant qui valorise le savoir comme bien commun. Pour satisfaire de tels objectifs, le collectif se propose de réfléchir autour de trois axes principaux qui seront traités selon diverses approches :


Dans l’axe « Démocratie et mouvements populaires », nous nous proposons d’approfondir les liens, d’une part, entre la scolarisation et les inégalités sociales, et d’autre part, entre les changements sociaux et les mouvements populaires. De plus, nous réfléchissons sur une réhabilitation de la mission démocratique de l'école, sur les enjeux démocratiques liés à la gouvernance, ainsi que sur les espaces alternatifs de connaissance.

Nous ferons la critique, dans l’axe « Valeurs de l’éducation », des rapports de pouvoirs et des idéologies dominantes incorporés à l'école, ainsi que des paradoxes, des contradictions et des hiérarchies des savoirs qui en découlent. Une attention particulière est donnée aux domaines délaissés par cette hiérarchisation notamment : les arts, la philosophie et les études en sciences fondamentales.

Enfin, dans l’axe « Définitions de l’éducation, des institutions et des espaces de savoir », on tente de définir en quoi consistent la relation pédagogique et ses finalités, les conditions qui favorisent l’apprentissage et les fondements qui permettent de mieux cerner la constitution des savoirs et leur transmission au sein d'établissements d’enseignement aménagés comme lieux de vie engageant.
Les travaux réalisés sur ces thèmes peuvent s’inscrire dans deux volets : un premier, plus académique, procède par des communications savantes, colloques, concertations, séminaires, rédactions d’articles de revues, etc. Un second, plus axé sur le partage des connaissances à l’extérieur de l’université, se réalise par des communications et des conférences destinées à un public non spécialisé, par la présentation d’oeuvres d’art littéraires visuelles et plastiques, de sites Web, de blogues, de lettres ouvertes, etc.

27 mars 2012

Lettre aux journaux


Monsieur Bachand,

je viens d’écouter votre entrevue à tout le monde en parle et je voudrais revenir sur quelques points.

Vous nous accusez encore, nous étudiants, de ne pas faire notre juste part et c’est vrai. Nous ne faisons pas notre juste part dans ce monde que vous avez, vous et vos amis libéraux, transformé en marchandise. Vous n’avez qu’un mot à la bouche, rentabilité. Vous ne vous cachez même plus, vous pensez avoir gagné et après une cinquantaine d’année de dur labeur, vous avez presque réussi à transformer l’université en entreprise. Et bien c’est vrai, nous ne faisons pas notre juste part pour la société que vous voulez faire perdurer, la société de la folie destructrice de l’écologie et du social par la surconsommation effrénée des ressources humaines et naturelles.

Nous disons stop, Monsieur Bachand.

Alors que le Québec a subi, au mois de mars des records de chaleur inégalés, alors que l’Europe souffre d’une sécheresse précoce pour la saison, alors que la saison des ouragans aux États-Unis fut encore destructive, alors que l’Afrique meurt toujours, vous voulez transformer le nord du Québec en une usine polluante à ciel ouvert, vous voulez transformer le paysage québécois en une vaste autoroute remplie de camion pour soutirer jusqu’à la dernière goutte de pétrole, jusqu’à la dernière molécule de gaz, tout cela au profit des compagnies privées et des banques.

Nous disons non, Monsieur Bachand.

Vous voulez finir de transformer les universités en lieu de production d’employés et d’administrateurs, formatés pour travailler dans vos entreprises.

Vous voulez finir de transformer l’université en entreprise privée, gérant les programmes les plus rentables en envahissant les conseils d’administration.

Nous disons non, Monsieur Bachand.

Nous nous battrons jusqu’au bout de nos forces et de nos ressources pour que l’université reste un lieu de savoir émancipateur et pas seulement pratique, où l’on y vienne prendre le temps de se confronter à des idées complexes et non pas juste reproduire des recettes technoscientifiques à appliquer, où l’on vienne développer un savoir général, une créativité permettant de faire évoluer une pensée critique, tout cela demandant du temps, de la réflexion, de la discussion, des recherches fondamentales, des conditions que ne permettent pas l’obligation que vous nous imposez de devoir travailler plus d’une vingtaine d’heures par semaine, l’obligation de résultats et votre sainte horreur de l’erreur.

J’aime les erreurs, Monsieur Bachand, elles font avancer le monde, elles transforment le monde alors que les vérités, les certitudes ne sont souvent que les reproductions du même, un même très inquiétant dans les circonstances.

Vous souhaitez un peuple soumis et ignare, Monsieur Bachand et il est clair que vous n’êtes pas le seul.

Vous souhaitez un peuple éduqué par la télévision, par la mauvaise littérature, se nourrissant de cochonnerie.

Partout dans le monde l’éducation baisse en valeur, partout dans le monde la culture populaire devient de plus en plus unidimensionnelle, préfabriquée, prémâchée, médiocre, mais rentable.

Un peuple instruit est un peuple qui critique, qui voit les failles de vos discours, de vos modèles et je peux comprendre aisément que vous et vos amis ne souhaitez pas que cela arrive.

Un peuple instruit arrête de consommer compulsivement et vous ne le souhaitez pas Monsieur Bachand.

Je ne vous sortirai par les (trop?) nombreuses études, faites depuis des années, sur les liens entre niveau d’éducation et santé, niveau d’éducation et capacité critique, sur la reproduction par l’école des inégalités sociales et la nécessité de réforme de l’éducation du fait du trop nombreux décrochage scolaire dans les milieux défavorisés, vous ne les lisez pas de toute façon.

Je ne vous parlerai pas des chiffres montrant que la revalorisation des prêts- bourses permettra surtout d’enrichir les banques, vous avez des armées de pseudos intellectuels payés pour prétendre le contraire.

Je ne vous parlerai pas non plus des troubles de la santé, des montagnes de médicaments, de drogues, d’antidépresseurs, anxiolytiques, d’alcool qui sont consommés dans des proportions extrêmement inquiétantes dans nos sociétés rentables et productives, pour tenir le coup et arriver à finir la semaine, vous n’y verrez probablement aucun lien.

Je ne vous parlerai pas des hauts taux de burn out et des taux de suicide, dans les grandes entreprises que vous valorisez, puisque vous ne me lisez déjà plus.

Non, je ne rentrerai pas dans votre jeu de chiffre, Monsieur Bachand et je ne produirai pas une autre étude inutile qui viendra mourir sur une tablette, vu que vous avez construit socialement une population qui préfère lire des livres de cuisine.
Mais la population en a marre des livres de cuisine, Monsieur Bachand, la population commence à comprendre.

Nous ne ferons pas notre juste part et au contraire, nous nous battrons pour la décroissance, nous ne parlerons plus, nous hurlerons dans la rue, Monsieur Bachand, nous vous empêcherons, narcissiques sadiques, de tous nous tuer, nous nous battrons pour que l’université appartienne de nouveau aux savants et non pas aux administrateurs, que l’éducation ne devienne plus un lieu de formation entrepreneuriale, mais crée des citoyens responsables, critiques et que nous puissions lutter efficacement contre une pollution idéologique et atmosphérique qui est en train de tous nous tuer.

Il est temps de se réveiller.

Il est peut-être déjà trop tard.



Michel Sancho

Étudiant

Citoyen

Désespérément humain

11 mars 2012

naufrage

Capturer les naufrages
Écrémer les marécages
ébruiter son visage
Former des machines vides
À remplir de vices

Étrenner les solitudes
Dans les parcs engagés
Dans les pas des voleurs
Ne plus s’alimenter

Financer ses malheurs
Faire résonner son cœur
Attraper des fantômes
Et des arbres  en fleurs
S’égrenant à l’automne

Au fond des heures sombres
devenir imprudent
devenir impudent
être pris en considération
comme un imposteur

travailler sans technique
sans filet rationnel
à sauter dans le vide
pour étirer ses bras
et pratiquer son cri